Championnats du Monde Sénior, -de 23 ans et junior, Rotterdam(Pays-Bas), 21 au 28 août 2016

Deux rameuses du CNL en lice aux Championnats du Monde de Rotterdam


Après l’euphorie des Jo de Rio et un bilan très positif pour l’Avironfrançais (voir encadré), le dernier évènement phare de la saison internationale prend le relais cette dernière semaine d’août en Hollande. Inutile de préciser que les rameuses et rameurs du Collectif France sont sur-motivés et impatients de poursuivre avec autant de réussite pour encore marquer des points dans la hiérarchie mondiale. Deux rameuses du Club Nautique de Libourne s’aligneront au départ de ces Championnats du Monde, Anne-Sophie Marzin dans la catégorie sénior moins de 23 ans en 4 de couple et Maya Cornut en junior en deux sans barreur. Pour l’une comme pour l’autre c’est une très belle satisfaction que de figurer au meilleur niveau. Nous les avons interrogées dans leur phase terminale de préparation.

Anne –Sophie Marzin ou l’après Lucerne… 

Après une très belle septième place sur l’épreuve de qualification pour les Jeux de Rio à Lucerne, ce bateau composé de 4 jeunes filles de moins de 23 ans, n’a pas dit son dernier mot et semble plus déterminé que jamais à figurer sur le podium de Rotterdam. Anne-Sophie précise : « nous avons appris de nos erreurs et acquis de l’expérience pour ces mondiaux – de 23… ». Depuis juin, les entraînements sur divers sites se sont succédés, pour ne rien lâcher. A l’heure où nous écrivons Anne –Sophie et ses équipières sont en phase terminale de préparation à Bellecin (Jura). Les entraînements montent en puissance et les journées s’enchaînent, bien rythmées presque monacales même si tous ensemble, ils ne manquent pas de s’accorder des moments plutôt galvanisants devant les écrans de télé pour supporter les équipes de France aux JO.

Pouvez-vous nous dire comment se déroule une de vos journées à ce stade de la préparation? 

« Ces derniers jours, nous avons enchaîné les longues sorties, les kilomètres avec de la lucidité sur chacun de nous coups de pelles. Nous démarrons la journée par un réveil musculaire, 20 minutes de footing et 15 minutes de gainage. Ensuite, c’est la pesée et le petit déjeuner. Nous montons souvent sur l’eau aux alentours de 8h15 8h30. Nous faisons soit une sortie type B1 basse cadence, soit B2 un peu plus haute cadence, c’est un travail d’endurance et de rigueur. Le reste de la matinée est consacré aux soins des petits bobos, à la kinésie et repos …. L’après-midi, nous retournons sur l’eau pour un travail de vitesse et de kilomètres. Je loge avec mes 3 coéquipières en chalet. L’ambiance est bonne au sein du groupe moins 23 ans (U23) et les A (+23 ans) sans aucune distinction entre les poids légers, les poids lourds, les femmes et les hommes, nous déjeunons et parlons tous ensemble.»

Quelle est l’importance de ce stage terminal dans votre préparation ?

« Ce stage est dit terminal, en effet, parce qu’il est déterminant pour notre résultat final. Il regroupe tous les entrainements fait durant l’année dans nos clubs et pôles. Nous nous sommes toutes les 4 regroupées ici, sur Bellecin, pour peaufiner ensemble le travail. L’échéance approchant, tout compte jusque dans les plus petits détails. Nous avons recours à des séances vidéo parce que tous les petits points techniques deviennent fondamentaux. Nous avons commencé le stage par de longues sorties endurantes à basse cadence, tout en faisant des circuits de musculations. Suite à cela nous avons augmenté la cadence et diminué les kilomètres. Aujourd’hui, nous sommes arrivés dans une phase de travail physiologique des 500 m à fond et des parcours sur 2000 m, avec prises de chronos. Pour ces derniers jours nous favorisons la vitesse et le repos pour l’après-midi.»

Le quatre de couple français sénior – de 23 ans au travail

Comment s’organise votre équipage dans le bateau et qui sont vos coéquipières ?

« Je suis donc dans un 4 de couple. Nous sommes 4 filles âgées de moins de 23 ans et nous possédons chacune une pelle dans chaque main. Nous courons en toute catégorie, nous ne sommes donc pas concernées par la restriction de poids malgré la présence d’une « poids léger » dans notre bateau, Laura Tarantola. Je suis placée à l’avant du bateau « à la nage » où j’applique les consignes du coach lors des entrainements et des courses tels que la vitesse, la cadence à tenir et notre moyenne par 500m. Pour ceux qui découvre je précise que nos courses se déroulent sur 2000 m, la distance olympique). À la deuxième place, derrière moi nous avons Marie Jacquet du club de Chalon sur Saône, dont le rôle est de me soutenir et de pousser fort, comme elle sait si bien le faire… Au 3, Camille Juillet licenciée au club de Verdun, également une pousseuse, elle nous rappelle les points techniques à travailler et à penser. À la quatrième place Laura Tarantola, la pointe fine par son poids qui accompagne et maintient l’équilibre du bateau. »

Marie Jacquet, Laura Tarantola, Camille juillet et Anne-Sophie Marzin 

Le bilan très positif de l’ensemble du Collectif France aux JO et les deux superbes médailles de nos rameurs doivent donner bon moral… n’est-ce pas? 

« Oui en effet, voir nos rameurs français s’épanouir aux JO nous a tous ravi pendant cestage. Tous les efforts consentis ont enfin porté leurs fruits et cela nous booste vraiment

pour notre compétition à venir. J’ajouterai que vivre des courses d’aviron à la télé, êtrespectateur de tout l’intérêt qui a était porté à notre sport souvent oublié des média nousmotive particulièrement. Dans cette belle ambiance au sein du groupe notre leitmotiv à vous est ici de réussir du mieux possible nos échéances personnelles et collectives pour ces mondiaux 2016. »

Maya Cornut, poursuit sa route chez les juniors

Dès la fin juillet le groupe junior A s’est retrouvé sur la base du Temple sur Lot pour 17 jours de stage. Maya y a retrouvé sa coéquipière du Havre en 2-, Adèle Brosse. Des retrouvailles positives, malgré quelques jours d’arrêt forcés pour Maya, liés à une blessure sur un pied. Dans la foulée elles ont enchainé pour 10 jours de plus à Graveline et affiner les derniers réglages. Leur objectif sera d’accrocher une place en finale A, et enfin « remettre les compteurs à zéro pour décrocher une médaille.. »

Adèle Brosse (Le Havre) et Maya Cornut (CNL) stage terminal de Graveline

(crédit photo, Aviron Junior)

L’effet Rio…

Observer et supporter leurs ainés à Rio a permis au groupe junior de se souder et d’y faire naître une ambiance toute particulière. Pour Maya les médailles obtenues sont

porteuses d’espoir : « cela nous fait rêver… » Commente-t-elle. « Soutenir nos athlètes français tous sports confondus nous a également permis de consolider notre groupe ».

Enfin, la visite de Jérémie Azou « parrain » du groupe a beaucoup touché tous ces jeunes compétiteurs. A l’heure où nous écrivons il était encore à leur coté et Maya ne cache pas son plaisir et son émotion, « on aimerait qu’il reste plus longtemps parmi nous mais nous savourons ce moment, tellement heureux d’être les premiers en France à voir sa médaille. On échange beaucoup avec lui, nous profitons de ces moments au combien privilégiés… »

Maya Cornut, Jérémie Azou, médaillé olympique en 2- PL et Adèle Brosse

(crédit photo, Aviron Junior)

Dès dimanche les épreuves des Championnats du Monde de Rotterdam démarreront. Souhaitons donc à toutes les rameuses et rameurs français de maintenir la superbe dynamique amorcée aux JO de Rio dans notre sport d’Aviron. Très belle compétition à nos deux rameuses libournaises !

Claire BOSCHI


Résultats de l’Aviron français dans les JO de RIO

(source, site fédéral, avironfrance.fr)

Patrick Ranvier CTN, FFA

« Nous avions un objectif de 2 à 3 médailles, dont une en or. Il a été atteint. Le bilan est donc positif. Mais le parcours de l’équipe de France ne se résume pas à ces deux podiums. Il est complété par d’autres éléments également très positifs : 5 bateaux ont été finalistes sur les 7 engagés ; un bateau féminin a été finaliste, le deux de couple, une performance plus réussie depuis les Jeux d’Atlanta en 1996 ; le titre olympique de Pierre Houin et Jérémie Azou est le premier de l’aviron français depuis Athènes en 2004. Pour toutes ces raisons, je peux dire que les Jeux de Rio feront date. »